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 Récit : Marche entre la vie et la mort

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Nina Mitchell
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Plutôt joyeuse mais très studieuse.

A ce jour, j'ai rendu : 20 rapports de missions depuis le : 17/01/2013 date de mon arrivée sur Eldorado. J'ai : 30 ans et je suis : Ambassadrice de l'IOA sur Atlantis Actuellement, je me trouve : Dans la galaxie de Zaphira et derrière moi se cache : Beaucoup de mystères

MessageSujet: Récit : Marche entre la vie et la mort   Jeu 17 Jan 2013 - 21:04

Marche entre la vie et la mort


Partie une

« La douleur infinie de celui qui reste,
Comme un pâle reflet de l’infini voyage
Qui attend celui qui part. »
Pierre Bottero




Il marchait.
Seul sous la pluie.
Perdu dans ses pensées.
Il marchait, tête baissée, longeant la gare. Dépassant un réverbère, puis un banc.
Ce lieu, qui normalement attirait tous les pendulaires pressés d’aller travailler, était devenu désert au fur et à mesure que la nuit avançait.
À la droite de James se dressaient les HLM. Cité endormie pour quelques heures, avant que la cloche des usines ne sonne le début de la journée.
Les rails à sa gauche vibrèrent, annonçant le passage d’un train de nuit.
Lueur au milieu des ténèbres.
Lui, continua sa marche, dépassant des arbres, longeant une route.
Petit carré de verdure au milieu de cette cité de béton.
Il avait emprunté tellement de fois ce chemin. S’extasiant sur la végétation qui l’entourait. Sur le soleil qui chauffait sa peau.
Mais ce soir le paysage n’avait plus la moindre importance.
Un vide immense s’était créé dans le cœur de James.
Même un amas de questions sans réponse ne réussissait pas à combler la plaie béante qui s’était ouverte en lui.
Il était maintenant seul. Seul au monde, dans cette vie qui avait perdu toute sa saveur. Tout son sens sans Vincent. Lui qui avait préféré partir. Partir pour ne jamais revenir.
Et James n’avait rien pu faire. Rien vu venir. Rien fait pour aider son ami à sortir de l’impasse.
Le temps s’était arrêté un dimanche matin, lorsqu’il l’avait retrouvé pendu au bout d‘une corde dans la grange de ses parents. Le visage bleu, et les yeux injectés de sang.
Depuis ce jour, il n’avait plus jamais réussi à trouver la paix. Poursuivi par ses démons, de jour comme de nuit. Se demandant sans cesse : pourquoi ? Pourquoi n’avait-il rien vu venir avant le moment fatal ? Et pourquoi Vincent n’en avait-il pas parlé ?
N’était-il pas son meilleur ami ? Son confident ?
Des questions sans réponse qui tournaient en boucle dans sa tête.
Il s’était refermé sur lui-même, ne mangeant plus, ne sortant plus, à part pour aller en cours. Des cours où il n’était pas totalement là, perdu dans ses pensées, revivant chaque instant de ce jour tragique.
Il avait tout vécu avec son meilleur ami. Depuis la naissance, ils avaient toujours été inséparables.

Ils avaient vécu toutes les épreuves de la vie ensemble, depuis la maternité, jusqu’à leur premier jour d’école. Puis leur premier chagrin d’amour.
Et aujourd’hui, il n’avait qu’une seule envie, c’était de le rejoindre.

Il marcha encore une bonne vingtaine de minutes.
Sortant petit à petit de la ville. Les grands immeubles se faisaient plus rares. Les quartiers devenaient de plus en plus chics. Villas avec piscine, Mercedes et autres voitures de luxe.
Les chiens dans les jardins aboyaient sur son passage et le vent hurlait dans les arbres. La pluie fouettait son visage. Comme si toute la nature s’était mise à lui crier : « C’est de ta faute
s’il est mort ».
Et tout bas, il répondait : « Je sais »
Puis la ville fit place à la campagne. Encore dix minutes furent nécessaires pour atteindre son but.
La grange, où il avait retrouvé son ami mort.
Il connaissait bien les lieux pour y être venu à plusieurs reprises. Le bâtiment était fermé avec un cadenas. Le code était toujours resté le même et James y entra sans trop de peine.
L’intérieur était immense avec un sol jonché de paille.
Plus aucun animal n’avait vécu ici depuis le jour de « l’accident ». Plus aucune récolte n’y avait été entreposée.
Tout s’était arrêté. Le père de Vincent prévoyait de vendre la ferme familiale pour mieux accomplir son deuil. Trop de souvenirs douloureux hantaient ces lieux.
Tout était si calme, si tranquille, comme si ce bâtiment avait oublié l’horreur qui s’y était produite.

Il s’avança vers le milieu de l’édifice.
Le rythme cardiaque de James s’était soudainement abaissé. Il était maintenant calme et serein. Il savait ce qu’il avait à faire. La panique l’avait abandonné.

De longues poutres consolidaient le toit.
C’est là qu’il avait décidé d’attacher sa corde.
James marcha vers le fond de la pièce, il s’y trouvait une deuxième pièce, plus petite, où étaient entreposés beaucoup d’ustensiles et d’outils.
Il y prit un longue corde et une double échelle.
Ce matériel avait été laissé à l’abandon, tout comme le reste du bâtiment.
Il revint au centre de la grange, installa l’échelle, puis y monta. Attacha solidement la corde à l’une des poutres en bois.
Il y fit un nœud coulant.
Une fois qu’il eut terminé, il la passa autour du cou.
Écarta les bras.
Ferma les yeux. Prit une grande respiration.
Et accepta sa mort.
Avant de se laisser tomber dans le vide.
À l’exact endroit, où Vincent avait trouvé la mort.


Il tombait.
Lentement mais sûrement vers sa mort.
Il ferma les yeux et se laissa guider vers sa fin.
Marcher vers la lumière.
Un choc.
Une douleur.
Soulagement d’avoir enfin réussi.
Les ténèbres l’envahissaient peu à peu.
Soulagement d’être enfin parti.

De ce qui suivit, il ne resta dans la tête de James que des souvenirs brumeux.
Une poutre qui se brise.
Un homme qui entre dans la grange.
Puis les cris, les appels à l’aide et l’ambulance.
Ce ne fut que le lendemain qu’il se réveilla dans une chambre d’hôpital.

Il eut à peine le temps de se remémorer les faits de la veille, de son échec, qu’un médecin entra dans la pièce.

- Bienvenue parmi nous, James.
Un médecin en chemise blanche se tenait devant lui.
Un sourire à trois mille dollars collé sur sa bouche.
- Tu nous as fait une sacrée peur, tu sais ?
« Non, sans blague, vous croyez ? » pensa ironiquement James.
Après un silence, le médecin continua :
- Nous avons réussi à éviter toute séquelle due à ton accident.
Maintenant le plus dur pour toi, ce sera de rester quelques jours ici, pour que l’on puisse te mettre sous observation et vérifier que tu n’as pas de dommages internes.
« Faux, le plus dur pour moi, sera de trouver un moyen de repartir, définitivement »
-Nous avons tout de même une personne qui aimerait te voir. Tes parents ne sont pas là, ils sont partis manger. Excuse-les, ils avaient très faim.
« Manger ? l’horloge murale qui lui faisait face indiquait quinze heures. Mais vas-y, mens-moi tant que tu y es. On sait tous les deux, qu’après une tentative de suicide, les patients n’ont pas le droit de voir de la famille avant quarante-huit heures. »
- Je te présente donc le Docteur Anne-Marie Rossmalt.
« Et m****, une blonde ; j’espère qu’elle n’est pas si bête qu’elle en a l’air »
- C’est un docteur spécialiste en psychopathologies du comportement humain.
« C’est comme ça qu’on appelle les psychologues maintenant ? »
- Je vais vous laisser seuls quelques instants, que vous puissiez bien discuter.
Le chirurgien sortit, le laissant seul avec la nouvelle venue.
- Salut, moi c’est Anne-Marie, et toi, c’est quoi ton prénom ?
« Le coup de la gentille doctoresse, qui essaie de comprendre les problèmes du jeune adolescent mal dans sa peau et persécuté. Mais ma vieille, c’est que tu as un temps de retard, Walt Disney a déjà fait un film là-dessus avec une jolie Happy End, tu arrives trop tard »

- Comme te l’a dit M. Monroe, j’aimerais te parler de ton « accident »….


Pendant quinze jours, James dut parler avec cette psychologue, chaque jour, pendant de longues heures.
Mais cela ne donna rien.
Beaucoup de questions furent posées
Peu de réponses furent données.

Au bout de ces deux semaines de thérapie, elle décida d’aborder cet adolescent perturbé d’une autre manière.
Elle organisait chaque année une semaine de marche dans les Alpes Valaisannes.
« Peut-être qu’en le mélangeant à d’autres personnes, il commencera à se confier ? » se demanda-t-elle.
Le lendemain matin, elle lui proposa de participer à ce camp.

- Si c’est le seul moyen pour que je puisse quitter cet endroit… Rétorqua-t-il.
- Oui, c’est le seul moyen qui s’offre à toi, pour l’instant.
- J’ai juste une petite question, qu’est-ce qui m’empêchera de me jeter du haut d’une falaise une fois là-haut ?

_________________
Être soi-même puisque tout le monde est déjà pris


Je suis humaine, je ne suis pas parfaite. Je fais tout le temps des erreurs.

Who says,
Who says you’re not perfect?
Who says you’re not worth it?
Who says you’re the only one that’s hurting?
Trust me,
That’s the price of beauty.
Who says you’re not pretty?
Who says you’re not beautiful?
Who says?
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